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Troisième jour - Ksar Ghilane - Douz - El Faouar

La nuit a été un peu fraiche (chaussettes et double couverture nécessaires), mais après la courte nuit de la veille, le sommeil fut réparateur. Avant d'aller prendre le petit déjeuner, une petite visite de l'oasis de Ksar Ghilane s'impose.

Le chemin est bordé de palmiers dattiers, et se termine à la source d'eau chaude. En dépassant celle-ci, c'est la surprise, on arrive directement dans les dunes ! C'est toujours aussi magnifique.

Après le petit déjeuner, nous montons dans les voitures pour continuer notre voyage vers le désert.

Ksar Ghilane date de l'époque romaine. C'était alors un poste frontière érigé pour contrôler les migrations et les attaques des tribus bérbères contre l'Empire Romain.
Le fort fut réhabilité par l'armée française au début du XXème siècle. Mais l'histoire de Ksar Ghilane ne s'arrête pas là...

C'est en effet à cet endroit que, le 20 février 1943, le Général Leclerc et les hommes de la Force L (encore appellée Colonne Leclerc une semaine auparavant, et future 2ème DB) s'installent dans le but de couvrir le flanc gauche de la 8ème armée britannique, qui contrôle Tataouine et Médénine.
Début mars 1943, Rommel lance l'opération Capri, dont l'objectif est la reprise de Médénine et du golfe de Gabès. La Force L, alors rejointe par la "Colonne Volante" (sous les ordres du commandant Jean Rémy, composée d'un régiment de spahis et d'une compagnie de chars de combat), est engagée dans de violents combats, elle résiste, puis repousse les troupes de l'Afrika Korps grâce à l'appui de la Royal Air Force.

Un mémorial, le monument de la Colonne Leclerc, a été érigé à la sortie de l'oasis.

Nous empruntons la piste "pipe-line", qui doit son nom au pipe-line transportant le gaz naturel extrait dans le désert vers le nord du pays. Tout le long de la route, on trouve des tuyaux de rechange pour le pipe-line, une fuite durant longtemps n'étant pas envisageable, ainsi que des stations de traitement de gaz.

Douz, la Porte du Désert, tient son nom du douzième bataillon français, installé dans les environs à la fin du XIXème siècle, ce qui explique pourquoi les habitants s'appellent les Mrazigues et non les douziens.
Les Mrazigues sont à l'origine des arabes venus lors des conquêtes islamiques. Ce sont des descendants du Saint Sidi Marzoug, lui même descendant du prohpète Mohamed, et père d'El Ghouth et d'El Mahjoub, les deux marabouts patrons de la ville.

Longtemps nomades, les Mrazigues se sont sédentarisés au XXème siècle, sous l'impulsion des français, lorsque ceux-ci ont construit le souk de Douz en 1911, foré des puits pour créer des oasis, et, pour finir, créé une école primaire en 1928. La politique de sédentarisation était une méthode pour mieux contrôler les Mrazigues et leurs révoltes régulières.

Douz est réputée aussi pour son marché aux animaux le jeudi, le seul de la région où l'on peut acheter des dromadaires.

Fin décembre, il y a le Festival du Sahara, dont les principales activités sont courses de chevaux, courses et combats de dromadaires, chasse au Sloughi (le chien local, une sorte de lévrier).
C'est le plus ancien festival de Tunisie. Il date de 1910 et s'appelait la Fête des dromadaires, on y reconstituait des anciens jeux populaires, auxquels venait assister le Résident Général de France, toujours dans le but d'inciter les nomades à s'installer dans les oasis.

Douz et sa région est, Porte du Désert oblige, un point de départ pour les méharées dans le Grand Erg Oriental, ce que nous n'avons pas manqué de faire, en dromadaire pour la plupart, ou en âne pour quelques réfractaires ou personnes souffrant du mal de mer sur le dos des camélidés...

Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons pour déguster une galette faite à la méthode traditionnelle, dans le sable et la braise, accompagnée d'un thé à la menthe. Sur le chemin du retour, la roue de la charette de notre âne a crevé et nous devons finir le trajet à pied. Celà permet de se dégourdir un peu les jambes, et surtout de passer sur un gisement de roses de sable ! Nous en profitons pour ramasser quelques unes de ces magnifiques structures.
Notre journée s'achève avec un joli coucher de soleil sur les dunes d'El Faouar, là où nous allons passer la nuit.

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